Covid-19 : 26 Comoriens contaminés en Guinée, les étudiants appellent à l’aide

Nourdine Ibrahim, le président de la communauté comorienne en Guinée, lance un cri d’alarme.

En Guinée, 26 étudiants comoriens ont attrapé le Covid-19. L’archipel n’ayant pas de représentant national sur place, le président de la communauté comorienne lance un appel à l’aide aux plus hautes autorités de l’archipel des trois îles pour faire face aux conséquences financières liées à ces contaminations.

Sans ambassadeur, ni représentant national sur place, la communauté comorienne en Guinée lance un appel à l’aide après la contamination de 26 étudiants au Covid-19. A la date du 13 mai, cinq personnes étaient guéries mais trois étaient encore dans une situation alarmante, dont une jeune femme placée en réanimation. En outre, 50 étudiants comoriens ont été en contact avec les testés positifs.

Président, ministre des Affaires étrangères, ministre de la Santé… Nourdine Ibrahim appelle les autorités comoriennes à l’aide. En deuxième année de doctorat de virologie et d’épidémiologie, il préside la communauté comorienne en Guinée et travaille au laboratoire de fièvre hémorragique.

« Depuis le début de cette pandémie, avant même le premier cas de contagion dans notre communauté, je me suis adressé au gouvernement par vidéo sur Comores news », dit-il. Evoluant dans le milieu de la virologie, il avait prévu que la situation allait s’aggraver. « Lorsque le premier étudiant a été contaminé, j’ai fait une autre vidéo. Je connais la mentalité de notre société comorienne. Je savais que chacun voudrait aller voir son ami, son voisin, lui rendre visite. J’ai alerté encore une fois les autorités compétentes pour qu’elles nous aident. »

Il y a deux semaines, « j’ai adressé une lettre au ministre des Affaires étrangères, Souef Mohamed El-Amine. Je l’ai envoyée à l’ancien représentant des Comores auprès du Sénégal, Mahamoud Soilih, qui est actuellement en poste à Moroni. Nous discutons souvent. Il m’a déclaré avoir remis la lettre au ministre. Et il a affirmé qu’elle avait été lue en conseil des ministres et que nous allions avoir une réponse prochainement. Mais jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons rien reçu », se désole-t-il.

“Le conseil des ministres a donné son aval”

A Moroni, Mahamoud Soilih confirme les propos de Nourdine. Il se dit “confiant”. « Nous sommes dans les démarches. Le conseil des ministres a donné son aval pour une aide financière, mais les fonds ne sont pas encore débloqués. » Pour en connaître la raison, il nous invite à contacter le comptable du ministère des Affaires étrangères. Ce dernier tombe des nues : « Je ne suis pas au courant de cette histoire. Je n’ai jamais traité ce dossier. »

En attendant, un appel aux dons a été lancé sur le réseau social Facebook par Guinéa-Glot, qui mène un projet pour une Guinée polyglotte. « Nous avons besoin de certaines choses qui ne sont pas prises en charge par l’hôpital, explique Nourdine Ibrahim. Par exemple, c’est nous qui préparons à manger aux malades. Nous nous devons de nous occuper de ceux qui sont restés à la maison. »

« Les parents qui envoient leurs enfants étudier en Guinée n’ont pas vraiment les moyens. Avec cette pandémie, le seul moyen de se protéger est de se confiner. Or, nous ne pouvons pas demander à ces étudiants d’appliquer un confinement sans leur apporter notre aide. » Selon lui, le stress ne fait qu’aggraver la situation. « Il est important voire même capitale que les étudiants soient en contact avec leurs familles. Nous devons nous en charger. Nous devons aussi leurs acheter du matériel pour se protéger au cas où ils voudraient sortir : des masques, du gel hydroalcoolique, en plus de la nourriture. Mais nous n’avons pas les moyens. » Il lance un cri d’alarme : « Nous sommes seuls. Nous devons veiller les uns sur les autres. Nous n’avons ni représentant comorien ici, ni ambassadeur. C’est nous qui devons prendre toutes les décisions. »

Plus de 400 Comoriens suivent actuellement leurs études supérieures en Guinée. Jeudi 14 mai, la Guinée enregistrait 2 374 cas de Covid-19, 856 guérisons et 14 décès.

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